À 22 semaines d'aménorrhée (SA), deux jalons importants se télescopent. D'une part, c'est la semaine optimale de l'échographie morphologique du 2e trimestre — l'examen le plus complet de la grossesse, qui analyse l'anatomie fœtale en détail. D'autre part, 22 SA révolues marque en France le seuil légal de viabilité, à partir duquel l'enfant né vivant est pris en charge en réanimation néonatale.
Le fœtus mesure environ 27 à 28 cm de la tête aux talons et pèse environ 420 à 450 g — comparable à un épi de maïs ou une noix de coco. La semaine 22 suit la semaine 21 et appartient au deuxième trimestre. À la semaine 23, le dépistage du diabète gestationnel approche pour les femmes à risque.
C'est l'examen de référence pour évaluer l'anatomie fœtale. En France, il est remboursé à 100 % par l'Assurance maladie et dure environ 30 à 45 minutes. L'échographiste examine méthodiquement :
Si le fœtus est mal positionné, une partie des structures peut ne pas être visualisable. Une échographie complémentaire à 30-32 SA peut être prescrite pour compléter les vues manquantes — c'est une démarche de qualité, non un signe d'anomalie.
Les sourcils et les cils sont bien visibles. Les empreintes palmaires se forment. Le pancréas produit des hormones digestives. L'oreille interne est mature — le fœtus réagit aux sons extérieurs par des sursauts et des changements de fréquence cardiaque. Les cheveux poussent sur la tête. La graisse sous-cutanée commence à s'accumuler, mais la peau reste encore fine et translucide.
Les cheveux peuvent paraître plus épais et brillants — la progestérone ralentit la chute naturelle des cheveux. Ce phénomène s'inverse après l'accouchement (effluvium post-partum), ce qui peut surprendre. Les ongles poussent souvent plus vite.
Un œdème léger des chevilles et des pieds en fin de journée est courant et bénin. Un œdème brutal du visage, des mains ou des jambes, accompagné de céphalées intenses, de troubles visuels ou d'une douleur épigastrique (barre), doit être évalué en urgence — il peut s'agir d'une prééclampsie. Appelez votre maternité directement.
Pensez à vous lever doucement depuis la position allongée en roulant d'abord sur le côté — cela préserve les muscles abdominaux et limite les douleurs ligamentaires.
Seuil de viabilité – en France, fixé à 22 SA révolues : à partir de cet âge gestationnel, l'enfant né vivant peut bénéficier d'une prise en charge en réanimation néonatale, selon son état et l'avis des équipes médicales et des parents. Les décisions sont individualisées et prises en équipe pluridisciplinaire.
Pyélectasie – dilatation légère du bassinet rénal fœtal, souvent bilatérale. Fréquente et généralement résolutive, mais peut nécessiter un suivi post-natal si elle est importante.
Laparoschisis – malformation de la paroi abdominale fœtale avec hernie des anses intestinales à travers un défect para-ombilical. Dépistée à l'échographie morphologique. Nécessite une prise en charge chirurgicale à la naissance.
Effluvium post-partum – chute de cheveux survenant 2 à 4 mois après l'accouchement, due à la reprise de la chute normale inhibée pendant la grossesse. Transitoire et sans traitement spécifique.
Un placenta bas inséré (ou placenta praevia partiel) à 22 SA signifie que le bord inférieur du placenta se trouve à moins de 20 mm de l'orifice interne du col utérin. C'est relativement fréquent à ce stade — environ 5 % des échographies morphologiques. Dans la grande majorité des cas (environ 90 %), le placenta remonte spontanément avec la croissance de l'utérus et n'est plus bas inséré à terme. Une échographie de contrôle est prescrite autour de 32 SA pour vérifier. Un placenta praevia complet (recouvrant le col) ou persistant à terme nécessite une césarienne programmée.
Si l'échographie morphologique révèle une anomalie ou une image suspecte, vous serez orientée vers un CPDPN (Centre Pluridisciplinaire de Diagnostic Prénatal). Cette équipe spécialisée — obstétriciens, généticiens, pédiatres, chirurgiens pédiatriques — analyse la situation et vous propose un plan de prise en charge adapté : examens complémentaires (amniocentèse, IRM fœtale, échocardiographie), surveillance renforcée ou, si l'anomalie est sévère, un accompagnement pour une décision éclairée sur la poursuite de la grossesse. Toutes les décisions vous appartiennent, dans un cadre d'information et de soutien psychologique.
Pendant la grossesse, les œstrogènes prolongent la phase de croissance du cheveu (phase anagène) et réduisent la chute normale. À l'accouchement, la chute hormonale brutale libère tous les cheveux qui auraient dû tomber pendant 9 mois — d'où l'effluvium post-partum, une chute de cheveux intense qui survient 2 à 4 mois après l'accouchement. Ce phénomène est temporaire : les cheveux repoussent normalement en 6 à 12 mois. Il n'existe pas de traitement spécifique — un bilan sanguin (fer, TSH) peut être utile pour exclure une carence ou une thyroïdite post-partum.