À 40 semaines d'aménorrhée (SA), vous atteignez votre date présumée d'accouchement. Le fœtus pèse environ 3 400 g et mesure environ 51 cm — comparable à une pastèque. Si vous lisez ceci, vous êtes sans doute encore enceinte — et c'est parfaitement normal. Seuls 5 % des bébés naissent exactement à leur DPA. La surveillance médicale se poursuit jusqu'à l'accouchement, qui peut encore survenir dans les deux prochaines semaines.
La semaine 40 suit la semaine 39 et conclut notre calendrier de grossesse semaine par semaine. Si vous n'avez pas encore accouché au-delà de 41 SA, votre maternité assurera une surveillance renforcée et discutera avec vous d'un déclenchement du travail.
Le bébé est entièrement formé et prêt. Ses ongles sont longs, ses cheveux peuvent être abondants ou clairsemés selon les bébés. La couche de vernix caséosa a pratiquement disparu — les bébés nés au-delà du terme naissent parfois avec une peau sèche et légèrement desquamante. Le méconium est présent dans l'intestin depuis plusieurs semaines.
Le placenta a accompli sa mission. Il peut présenter des calcifications importantes (grade III) mais reste fonctionnel. Le volume de liquide amniotique continue de diminuer légèrement — sa surveillance par échographie est systématique au-delà de 41 SA. La circulation placentaire est contrôlée par Doppler en cas de doute sur le bien-être fœtal.
Que vous ayez lu cette page en attendant l'accouchement ou qu'il soit imminent, voici un rappel des étapes :
1. La phase de latence — Les contractions sont irrégulières mais de plus en plus fréquentes. Le col s'efface et se dilate jusqu'à environ 6 cm. Cette phase peut durer de quelques heures à plusieurs jours pour les primipares. Restez à domicile, mangez légèrement, reposez-vous entre les contractions et marchez si cela aide. Appelez la maternité si vous perdez les eaux, en cas de saignements ou si les contractions deviennent régulières (toutes les 5 min pendant 1 h).
2. La phase active — Les contractions sont régulières (toutes les 3 à 5 min), intenses et durent 45 à 60 secondes. La dilatation progresse de 6 à 10 cm. C'est le moment de partir pour la maternité. La péridurale est généralement posée en phase active si souhaitée. La progression est d'environ 1 cm/h chez les primipares, plus rapide chez les multipares.
3. La phase de transition — Entre 8 et 10 cm, les contractions sont très rapprochées et intenses. Cette phase est éprouvante mais brève (généralement 30 min à 1 h). Respirez, concentrez-vous sur une contraction à la fois.
4. L'expulsion — À dilatation complète (10 cm), les efforts expulsifs commencent. La sage-femme ou l'obstétricien guide les poussées en coordination avec les contractions. La durée varie de 20 minutes à 2–3 heures selon la présentation et le tonus. Le bébé naît.
5. La délivrance — Le placenta est expulsé dans les 5 à 30 minutes après la naissance. Une injection de Syntocinon (délivrance dirigée) est administrée de façon systématique pour réduire le risque d'hémorragie du post-partum — première cause de mortalité maternelle évitable.
Le contact peau à peau immédiat entre le bébé et sa mère est recommandé par l'OMS, la HAS et l'UNICEF. Il favorise la régulation thermique du nouveau-né, la colonisation bactérienne protectrice, le déclenchement de l'allaitement et l'attachement mère-enfant. Il dure idéalement au moins une heure après la naissance, pendant laquelle la première tétée peut être initiée.
Le clampage tardif du cordon (attendre au moins 1 à 3 minutes avant de couper) est recommandé par l'OMS — il permet le transfert d'environ 80 à 100 ml de sang placentaire vers le nouveau-né, riche en globules rouges et en fer, réduisant le risque d'anémie néonatale.
Le score d'Apgar est évalué à 1, 5 et 10 minutes de vie (couleur de la peau, fréquence cardiaque, tonus, réactivité, respiration — chacun noté de 0 à 2, total sur 10). Un score ≥ 7 à 5 minutes est rassurant. Un score bas oriente vers une réanimation néonatale adaptée.
Le 4e trimestre désigne les 12 semaines suivant la naissance — une période de transition intense pour le bébé (adaptation à la vie extra-utérine) et pour la mère (récupération physique, ajustements hormonaux, allaitement, nouveau rôle parental). C'est une période souvent sous-estimée dans les préparations à la naissance.
Le baby blues, ressenti par 50 à 80 % des femmes entre le 3e et le 10e jour post-partum, est lié à la chute brutale des œstrogènes et de la progestérone après la délivrance. Il se manifeste par une labilité émotionnelle (pleurs inexpliqués, irritabilité, tristesse) et est transitoire — il disparaît spontanément en quelques jours. Si les symptômes persistent au-delà de 2 semaines, s'intensifient ou interfèrent avec le quotidien, il peut s'agir d'une dépression post-partum, qui nécessite une prise en charge médicale et psychologique.
En France, la consultation post-natale est obligatoire entre 6 et 8 semaines après l'accouchement. Elle inclut l'examen de la mère (cicatrice de périnée ou de césarienne, retour de couches, contraception, état psychologique) et du bébé (poids, périmètre crânien, réflexes, développement). Les 10 séances de rééducation périnéale sont à prescrire lors de cette consultation — ne les oubliez pas.
Score d'Apgar – score clinique évaluant l'adaptation du nouveau-né à la vie extra-utérine à 1, 5 et 10 minutes de vie. Il comporte 5 critères (Apparence/couleur, Pouls, Grimace/réactivité, Activité/tonus, Respiration), chacun noté de 0 à 2. Un score ≥ 7 à 5 minutes indique une bonne adaptation.
Clampage tardif du cordon – section du cordon ombilical au moins 1 à 3 minutes après la naissance, permettant la transfusion placentaire d'environ 80 à 100 ml de sang vers le nouveau-né. Recommandé par l'OMS pour réduire le risque d'anémie ferriprive néonatale.
Baby blues – épisode de labilité émotionnelle (pleurs, tristesse, irritabilité) survenant entre le 3e et le 10e jour post-partum chez 50 à 80 % des mères, lié à la chute hormonale post-partum. Transitoire et spontanément résolutif. À distinguer de la dépression post-partum, qui persiste au-delà de 2 semaines et nécessite un soutien médical.
Hémorragie du post-partum (HPP) – perte sanguine supérieure à 500 ml dans les 24 h suivant l'accouchement (ou 1 000 ml après césarienne). Première cause de mortalité maternelle évitable. Prévenue en grande partie par la délivrance dirigée (Syntocinon) et la surveillance en salle de naissance. La délivrance dirigée est recommandée de façon systématique en France.
La durée varie considérablement selon qu'il s'agit d'un premier accouchement ou non, et selon l'évolution individuelle. Pour les primipares : la phase de latence peut durer de quelques heures à plusieurs jours ; la phase active (de 6 à 10 cm) dure en moyenne 4 à 8 heures ; l'expulsion (poussées) dure de 30 minutes à 3 heures. Pour les multipares, toutes ces phases sont généralement nettement plus courtes (phase active 2 à 5 heures, expulsion parfois quelques minutes). La péridurale n'allonge pas significativement la durée du travail actif mais peut légèrement allonger l'expulsion.
Le baby blues touche 50 à 80 % des femmes entre le 3e et le 10e jour après la naissance. Il se manifeste par des pleurs inexpliqués, une irritabilité, une tristesse passagère et une labilité émotionnelle, liés à la chute brutale des hormones de grossesse (œstrogènes, progestérone). Il est transitoire et se résorbe spontanément en quelques jours. La dépression post-partum (DPP) est différente : elle persiste au-delà de 2 semaines, s'intensifie avec le temps, interfère avec le quotidien et les soins au bébé, et peut inclure des pensées de culpabilité intenses, un sentiment d'incompétence ou, dans les formes sévères, des pensées intrusives. La DPP touche environ 10 à 15 % des mères et nécessite un soutien médical et psychologique — n'attendez pas pour consulter.
Attendre au moins 1 à 3 minutes avant de couper le cordon permet une transfusion placentaire : environ 80 à 100 ml de sang riche en globules rouges, en fer et en immunoglobulines transitent du placenta vers le nouveau-né. Cette transfusion réduit significativement le risque d'anémie ferriprive dans les premiers mois de vie, particulièrement important si l'allaitement exclusif est prévu (le lait maternel est pauvre en fer). Le clampage tardif est recommandé par l'OMS pour tous les nouveau-nés (sauf urgence néonatale nécessitant une réanimation immédiate). Mentionnez cette préférence dans votre projet de naissance.